La peinture chinoise était autrefois appelée Dan Qing (Dan et Qing, c'est-à-dire rouge et vert, deux couleurs qu’on utilisait souvent dans la peinture) ou peinture du pays (dans le but de la distinguer de la peinture occidentale).
Basée sur la spécificité des outils et matériaux chinois (pinceaux, eau, encre et colorants) elle obéit aux principes artistiques et méthodes d’expression picturale établis depuis longtemps dans la tradition chinoise.
Il y a plus de deux mille ans, à la période des royaumes combattants, existaient déjà des peintures sur soieries (BoHua). Bien sûr, antérieure à cette époque il y avait aussi de la peinture rupestre et sur céramiques. Ces peintures primitives donnent à la peinture chinoise la base de sa graphie : le travail de la ligne.
La peinture chinoise se divise selon ces catégories : peinture de personnages, peinture de paysages montagnards et champêtres, ainsi que des représentations de la faune et la flore (souvent des fleurs et des oiseaux). À la période des royaumes combattants, la peinture chinoise de personnages était bien développée, mais elle a atteint son apogée sous la dynastie des Tang (618-907). Gu Kaizhi et Wu Daozi en sont les deux représentants les plus célèbres. Sous la dynastie des Qin (-221 à -207), la peinture de paysages (montagne et eau) a vu le jour, mais a été particulièrement cultivée sous la dynastie Song. Li Sixun, Wangzei, Tangyan étaient tous des peintres bien connus.
La peinture de la faune et de la flore apparaît sous la dynastie des Wei et des Jin du nord et du sud (189-589). Les thèmes principaux étaient les fleurs, les oiseaux et autres animaux comme les poissons et les insectes. La peinture de la faune et de la flore a eu tendance à se subdiviser. Certains peintres se sont ainsi spécialisés dans un thème en particulier. Par exemple, ZhuDa et la peinture de fleurs et d’oiseaux, Zhen Banqiao et la peinture de bambou, Xu Beihong dans la peinture de chevaux et Qi Baishi avec la peinture de poissons et de crevettes.
En général, la peinture traditionnelle est divisée en deux genres selon les modes d’expression: la peinture appliquée et le croquis libre. Le premier cherche à atteindre la véracité et la perfection artistique par une esquisse aussi précise que délicate, il met l’accent sur la précision dans le détail; le second essaie de parvenir au même résultat par des traits simples et stylisés.
Les supports utilisés en peinture chinoise sont très diversifiés: le grand rouleau (ou le rouleau à la main), le format horizontal, l’album (Dou Fang) et l’éventail.
Le fait que la peinture chinoise soit toujours en vogue tient à son charme singulier et son sens artistique unique. Du point de vue de l’état de l’esprit de la création, la peinture chinoise reflète l’esthétique mais aussi les préoccupations sociales des chinois. On y retrouve, codées, les relations entre nature, société, politique, philosophie, religion et culture.
La peinture chinoise, souvent à base d’encre, crée une forme artistique dont le but est de recréer l’état de l’âme de l’artiste selon le souffle d’énergie qui l’habite. Autrement dit, transmettre à la peinture le « qi » (principe chinois pour décrire l’énergie) et qu’il soit ainsi visible et sensible pour celui qui regarde.
Du point de vue de l’effet visuel, la peinture chinoise a un charme qui lui est unique. C’est pourquoi elle se trouve toujours à une place enviable dans le domaine de l’art. Aujourd’hui, la peinture chinoise attire de plus en plus les étrangers. Une rue culturelle très connue de Pékin, Liulichang, concentre beaucoup de boutiques de vieilles calligraphies et peintures. Une des plus connues, Rong Baozhai, est une galerie pour les œuvres de calligraphes ou de peintres célèbres.
Il y a aussi une toute nouvelle galerie qui attire de nombreux touristes, chinois ou étrangers, mais aussi des artistes qui viennent pour voir ou acheter des œuvres. Les amateurs de calligraphies et de peintures chinoises peuvent y acheter des reproductions d’œuvres célèbres ou les créations de jeunes artistes montants.