Sur fond de croissance économique affriolante, la culture traditionnelle chinoise semble à l’agonie. Et pourtant, des bribes de cet héritage riche de plusieurs milliers d’années persistent au quotidien. La culture traditionnelle chinoise se caractérise d’abord par des odeurs : celle des herbes et autres concoctions qui émanent des comptoirs des apothicaires, celle des pétards que l’on fait éclater à la Fête du Printemps pour faire fuir les esprits, celle de l’encens brûlé dans les temples...
Elle est visible dans la sagesse qui se dégage des gestes lents et précis des vieillards faisant des exercices de taijiquan à l’aube dans un parc endormi. On la trouve dans la poésie d’un calligraphe peignant à l’eau les dalles d’un trottoir en chantier. La culture traditionnelle chinoise se caractérise aussi par le bruit : celui des chanteurs d’opéra racontant des histoires ancestrales en tenues d’apparat au son de gongs, celui des gorgées de thé brûlant bues avec cérémonie, celui du coup de ciseau rapide dans une feuille de papier rouge dont naîtra un paysage raffiné. Immuable, elle fait partie intégrante de la vie de tous les jours des Chinois.