Trois nouvelles lignes de métro se sont ouvertes le 20 juillet à Pékin. Parallèlement, le système de circulation alternée a été mis en place pour désengorger les avenues de la ville. Rien ne semble trop beau pour accueillir les JO.
Une chose est sûre: les Jeux olympiques de Pékin ont du bon pour le développement des transports publics et le désengorgement du trafic routier. Trois nouvelles lignes de métro se sont ainsi ajoutées le 20 juillet aux cinq autres que comporte déjà le réseau souterrain de la capitale. Le même jour, la municipalité a décidé de mettre en place la circulation alternée.
Les véhicules dont le dernier numéro de la plaque d'immatriculation se termine par un chiffre pair peuvent circuler les jours pairs. Idem pour les nombres impairs durant les jours impairs. Les taxis et les bus sont quant à eux exemptés de cette mesure. Un moyen de réduire les embouteillages dont souffre habituellement la ville durant les heures de pointe.
Mais déjà expérimenté l'été dernier, ce système qui devrait être appliqué pendant deux mois ne semble pas si efficace cette fois-ci. « Il est de plus en plus difficile de trouver un taxi de libre maintenant », se plaint Mme Wang même si le gouvernement chinois prévoit d'augmenter le nombre de taxis en temps voulu, selon l'agence officielle Chine nouvelle.
Autre problème, l'ouverture à la même période de la voie olympique réservée aux véhicules des délégations et officiels des JO entraîne l'effet inverse à celui escompté. Situé au cœur de Pékin, le deuxième périphérique se retrouve privé de deux files, créant ainsi des ralentissements. Une situation qui risque de s'aggraver avec la venue des 450 000 touristes attendus.
Des lieux stratégiquesPour faciliter leurs déplacements, locaux et étrangers pourront désormais se rabattre sur la ligne 10 et la ligne 8 au tarif habituel de 2 yuans. Et se rendre pour 25 yuans (environ 2,50 euros) de l'aéroport au centre-ville en une vingtaine de minutes en empruntant la nouvelle ligne express. Il aura fallu plus de deux milliards d’euros pour l’agrandissement du réseau qui passe maintenant à 200 km.
Bleu ciel sur le plan de métro, la ligne 10 qui a demandé 4 ans et demi de travaux va de Jingsong, dans le sud-est de Pékin, jusqu'à Bagou, à l'ouest. Et comporte 22 stations. Elle dessert des lieux stratégiques pour nombre d'expatriés tels que Tuanjiehu, près de Sanlitun et du quartier des ambassades, ou Guomao, le quartier des affaires, qui a choisi pour sa station de métro du carrelage avec des impressions de bambou sur fond gris.
La ligne 10 offre deux changements sur la ligne 13 (Zhichunlu et Shayaoju), une sur la ligne 5 (Huixin Xijie Nankou), une sur la ligne 1 (Guomao), une sur la ligne 8 (Beitucheng) et une sur la ligne express (Sanyuanqiao). Les couleurs choisies varient du blanc, gris, beige, en passant par le noir et des tons beaucoup plus vifs comme le orange ou le vert.
Les quais sont équipés de doubles portes de sécurité en verre à l'entrée de chaque rame et d'écrans indiquant le temps à attendre avant le prochain train, les règles de savoir-vivre, le fonctionnement des nouveaux distributeurs et des lecteurs de tickets, et des informations sportives. A l'intérieur du métro, les rames sont reliées par un système de soufflets. Et arborent écrans, barres verticales, poignées bleu turquoise, sol bleu clair, emplacement pour les personnes handicapées et sièges gris et bleu.

Mais il y manque encore un détail crucial. « Il n'y a pas du tout de réception téléphonique comme on nous l'avait promis », déclare déçu l'un des passagers en regardant son téléphone portable. De même, certains écrans n'indiquent les informations qu'en chinois même si la plupart des panneaux sont bilingues.
La ligne express ABC reliant le centre-ville à l'aéroport dessert quatre stations: Dongzhimen, Sanyuanqiao et les terminaux 3 et 2. Située juste à côté du terminus de bus dans la rue de Dongzhimenwai, près de la bouche de métro de la ligne 2, la station est toute de gris rehaussé de motifs traditionnels d'hirondelles rouges et blanches utilisés généralement dans les cerfs-volants.
Des écrans indiquent les horaires, les noms des compagnies aériennes et les vols nationaux et internationaux… uniquement en chinois. Des guichets côtoient des distributeurs automatiques de tickets qui ne prennent que des billets de 5 ou 10RMB. Sur le quai, un employé récite les règles de bonne conduite dans un porte-voix grésillant.
Souterraine d’abord, la ligne devient aérienne et domine l’autoroute. L’occasion de voir la banlieue pékinoise sous un autre œil. « La campagne est vraiment très verte », s’exclame un passager assis dans son siège gris à rayures. A l’arrivée au Terminal 2, la voix enregistrée annonce le Terminal 3 à la place en omettant la traduction en anglais. Avant que le train ne reparte dans le sens inverse.
A la station Beitucheng, au nord de Pékin, l’entrée de la ligne 8 ou ligne olympique est quant à elle décorée de motifs qui rappellent ceux de la porcelaine chinoise bleue et blanche à laquelle font face un large mur de briques grises et un écran géant. Elle dessert le Centre et le Parc olympiques ainsi que la porte sud de la Forêt olympique. Mais gardé par des policiers, l’accès est réservé aux seules personnes détentrices de tickets des JO.
Texte : Aurélie Palancher
Photos : Wang Zhuo
Août 2008

Concerts :
04 septembre
