Pour les JO, Pékin s’est doté d’un parc artificiel géant en bordure des installations olympiques. Plus grand espace vert de la capitale, il permettra d’assainir très localement l’atmosphère et offrira un espace de détente aux athlètes puis aux habitants locaux.
S’étalant sur plus de 500 ha, le Parc de la Forêt olympique a été construit très rapidement puisque les travaux ont débuté en juin 2005. Trois ans et 770 millions d’euros plus tard, le résultat est impressionnant. Là où s’étalaient terrains vagues, champs et habitations de fortune, on retrouve désormais une grande colline, un lac, des canaux et des centaines de milliers d’arbres fraîchement plantés.
Tout dans ce parc est artificiel. La colline a été construite avec les gravas récupérés lors de la construction du stade national ou Nid d’oiseau et des autres installations olympiques à proximité. Le lac creusé au bulldozer est irrigué par les 280.000 m3 d’eau qui viennent abreuver chaque jour le parc de l’extérieur à travers 40 km de conduites. Les arbres sont arrivés par milliers sur des camions depuis la province voisine du Hebei et la ville de Xi’an plus à l’ouest du pays puis ont été replantés.
Au total, ce sont plus de 500.000 pins, cyprès et boulots qui auront fait le déplacement à Pékin pour les JO, soit autant que le nombre de touristes étrangers attendus pour l’évènement ! Grâce à ce parc, la municipalité espère améliorer la qualité de l’air près des installations sportives. Elle veut aussi offrir à la famille olympique un refuge vert pour se reposer de l’ambiance urbaine assez pesante en été.
Le mois d’août étant généralement pluvieux, le parc a été conçu pour collecter l’eau de pluie au maximum (70%). Cette eau servira après traitement à alimenter le village olympique et d’autres installations pour les JO.Au niveau pollution, les résultats seront très limités et l’air pékinois continuera à présenter des concentrations de particules impressionnantes. Au niveau du ressenti par contre, le parc apportera un peu de fraîcheur aux athlètes et une touche de vert pour les yeux.
Dès l’entrée du parc, on a la sensation d’être loin de la ville. Adieu les voitures et les gaz d’échappement. Ici on se déplace à pied à avec des véhicules électriques. Ouvert en avant première au public pékinois, le lieu est immédiatement investi par les visiteurs qui s’approprient en priorité les zones d’ombres sous les arbres car il fait chaud. « On est vraiment bien ici », se réjouit un senior de la capitale. « C’est presque aussi calme que dans mon village natal ! », ajoute-t-il.
Il faut dire que sous certains angles, on oublie complètement que l’on est encore dans une ville de plus de 15 millions d’habitants. Au sommet de la colline, la vue est particulièrement impressionnante même si on y retrouve l’aspect urbain. Les installations olympiques et les immeubles modernes s’étalent à l’horizon au delà du lac artificiel. De l’autre côté vers le nord, une marée verte d’arbres s’échoue au loin sur les nouvelles tours qui forment la périphérie de Pékin. Les visiteurs locaux sont clairement satisfaits de ce nouveau lieu de détente. Ils en profitent pour prendre des photos, s’allonger dans l’herbe en rêvant ou simplement déguster une petite glace.
Seuls bémols, la musique vrombissante des hauts parleurs dans les allées du parc et les caméras de surveillance qui gâtent quelque peu ce moment de retour à la nature. Les gardes et le personnel du parc sont cependant très souriants et accueillants. Il faudra néanmoins attendre la fin des JO avant de pouvoir profiter de ce petit bijou vert. Il restera réservé à la famille olympique jusqu’à la fin des épreuves et la partie nord ne sera accessible qu’à partir de 2009. C’est bien dommage…
Texte et Photos : Nicolas Sridi
Juillet 2008

Expositions :
06 septembre 09 septembre
