Le manager général du musée, Damien Leloup est depuis sa plus tendre enfance un passionné d’archéologie. Ce Réunionnais d’origine, a grandi entre la forêt de Fontainebleau en région parisienne et Antibes sur le bord de la Méditerranée. Après des études en géologie, histoire de l’art et d’archéologie subaquatique qu’il partage entre Paris, Lille et Marseille, Damien Leloup a très vite privilégié l’expérience en entrant comme bénévole à la Fondation Cousteau.
Sa curiosité lui a permis de voyager aux quatre coins du monde : le Vietnam, Singapour, l’Afrique du Sud, la Namibie sont des destinations qu’il rejoint à bord de la célèbre Calypso ou sur l’Alcyone. Sa plus belle expérience, il l’a vécu lors de son travail sur l’épave, le Yongola, le plus petit paquebot de l’Australie qui coula un an avant le célèbre Titanic, sans que l’on sache vraiment pourquoi.
Un long travail de bibliothèque et de plongée éveille encore plus la curiosité d’un homme prêt à relever des défis comme la construction de ce premier musée écologique de Chine. Rencontre.
Runweb : Comment est née l’idée de construire ce parc-musée ?
Damien Leloup : Le Dr. Burkhard Pohl, fort du succès de son musée de fouilles et de recherches de dinosaures aux Etats-Unis (Wyoming Dinosaur Center), eut vent de la découverte d’un fossile par un paysan Chinois, là où se trouve notre musée aujourd’hui. Après un accord passé avec le Gouvernement du Liaoning, il m’a envoyé en Chine afin de créer une société à capitaux mixtes, de diriger la recherche sur le terrain, de construire le musée et d’organiser les préparatifs liés au lancement de ce tout nouveau type d’attraction en Asie. Nous sommes ainsi les premiers et les seuls étrangers en Chine à avoir l’autorisation d’effectuer nos propres fouilles, ainsi que d’accueillir et d’encadrer des visiteurs pour cela.
Etait-ce dur d’imposer aux autorités chinoises la version écologique ?
Malheureusement oui. Mais le Chinois étant d’un naturel très curieux, il se prête volontiers au jeu des schémas et calculs qui démontrent sans grande difficulté pourquoi aujourd’hui il vaut mieux utiliser l’énergie éolienne et solaire plutôt que le charbon, par exemple. Ce n’était pas simple au départ parce qu’ils ne comprenaient pas pourquoi il fallait dépenser un peu plus sur le court terme et utiliser des solutions alternatives alors que le charbon est si bon marché en Chine.
Pourquoi permettre aux visiteurs de se glisser dans la peau d’un paléontologue ?
Tout simplement parce qu’aujourd’hui nous pouvons le faire. La recherche et la science sont accessibles à tous. Nombre d’entre nous ont toujours rêvé de jouer les Indiana Jones ou de se retrouver au temps de Jurassic Park sans avoir les moyens de le faire. Aujourd’hui c’est possible sans avoir à dépendre d’une Université, d’un Institut de recherche, ou d’un guide surveillant le moindre de vos déplacement.
Sur un plan personnel, pourquoi avoir accepté ce défi ?
Parce que le défi était justement énorme, quasiment impossible encore il y a quelques années. La dose d’aventure que promettait mon contrat, ne m’autorisait pas de passer à coté d’une telle occasion ! L’aspect ludique du projet me plaisait aussi beaucoup, touchant de nombreux aspects de la science, une interaction avec des visiteurs de toutes les tranches d’âges et de toutes les nationalités possibles, tout cela en plus en ayant à l’esprit la possibilité de découvrir de nouvelles espèces.
Propos recueillis par Véronique Tournier.

Concerts :
04 septembre
