Durant le Nouvel an chinois, la tradition veut que l’on se rende dans les Miao Hui, des foires populaires hautes en couleurs qui se déroulent dans les principaux parcs et temples de Pékin. Découverte de la foire de Liulichang.
Le tout Pékin est réuni. Jonchée de cadavres de pétards et de fusées lancés la nuit précédente, la ville semble se réveiller au premier jour de la Fête du Printemps (chunjie) qui est tombé cette année le 7 février. Restés en famille la veille, les Pékinois sortent de leur domicile pour profiter des foires ou Miao Hui dans les principaux parcs et temples de la capitale.
Cette tradition des Miao Hui est millénaire et typiquement pékinoise. Au 11e siècle, des groupes de marchands se réunissaient durant les fêtes autour des temples bouddhistes et taoïstes. Appelées à l’époque « Sorties du Printemps », ces foires devenues annuelles, ont atteint leur apogée durant les dynasties Ming et Qing (1368-1911) et lors de la fondation de la République populaire (1911-1949). Par la suite, le nombre de stands a augmenté. Tout comme les produits folkloriques, les friandises et les spectacles proposés.
Pékin compte plus d’une dizaine de foires dont la plus importante est celle du Parc Ditan, au nord de la ville. Mais pour la plupart des Pékinois, la foire la plus populaire et la plus typique est celle de Changdian, à Liulichang, au sud de la capitale. Célèbre pour ses anciens magasins de calligraphies, de thé et d’antiquités, Liulichang est perpendiculaire à la foire de Changdian.
Changdian est une ruelle tout en contrastes. Des maisons à architecture classique côtoient des bâtiments sans charme recouverts de carrelage. Des lanternes rouges en soie pendent à de vulgaires poteaux électriques. Un portique aux couleurs olympiques fait face quelque 800 mètres plus loin à son jumeau décoré d’éventails en bois calligraphiés et d’hirondelles, un des animaux emblématiques de la Chine.