Situé dans le sud-est de Pékin, Panjiayuan est considéré comme le plus grand marché d’antiquités d’Asie. S’il est difficile de distinguer le vrai du faux parmi la marchandise proposée, il reste un lieu incontournable pour tous les brocanteurs et chineurs. Découverte.
On le surnomme le marché aux antiquités ou le marché aux puces. Quelle que soit son appellation, Panjiayuan reste l’un des endroits privilégiés pour tous les chineurs de Pékin. Situé au sud du troisième périphérique est, il est réputé pour être le marché le moins cher de la capitale et le plus grand du genre en Asie. Tous les jours, les 3 000 stands répartis sur 4,85 hectares attirent un flot continu de locaux et d’étrangers avides de bonnes affaires.
A l’origine, Panjiayuan était un marché illicite dirigé par de petits commerçants où les Pékinois pauvres revendaient les objets d’art appartenant à leur famille. Situé dans une ruelle de Chaoyang, à l’est de la capitale en 1980, il a ensuite été délocalisé dans un bois à proximité de son emplacement actuel. Avant d’être autorisé par la police en 1995.
9h50, un samedi de fin décembre. Le froid est mordant. Les taxis congestionnent la rue de Panjiayuan. Le trottoir est jonché de tricycles, de cartons de marchandises, de bicyclettes, d’écoliers en uniforme et de personnes emmitouflées des pieds à la tête. Passée la grande grille d’entrée, un mur longitudinal sur lequel se détache en caractères chinois le nom du marché est dressé.
A l’est du marché, le cœur du lieu bat la chamade. Les acheteurs se pressent autour des stands accolés dans un vaste espace semi-couvert. Les allées parallèles et étroites sont divisées en quatre sections classées par catégorie d’articles. Même si parfois la distinction ne semble pas si évidente. Ainsi, la première section propose essentiellement des émeraudes, du jade, des calligraphies et peintures ainsi que des objets d’artisanat peints ou en bambous. La quatrième zone est le paradis des théières et autres tablettes utilisées pour la cérémonie du thé et des pierres ornementales ostentatoires.
A l’inverse, la seconde section paraît plus modeste. Ici, pas de tréteaux recouverts de tissu et excessivement achalandés. Les quelques bibelots et objets de récupération sont disposés sur des couvertures ou à même le sol. On joue aux cartes. Les papiers s’accumulent sur le sol. Et les clients se font attendre. La troisième section vaut particulièrement le détour car elle offre un éventail d’articles faits à la main par les minorités ethniques chinoises. Avec une majorité de Tibétains revêtus de costumes typiques.
Par contraste, les échoppes disposées tout autour sur deux étages invitent à un voyage dans le temps avec leur architecture chinoise traditionnelle. Calligraphies, cristaux, antiquités, livres anciens ou rouleaux sont proposés à des prix plus élevés mais qui peuvent assurer d’une plus grande finesse voire d’une certaine authenticité des articles.
Devant une boutique d’instruments de musique, quelques notes de flûte en bambou se font entendre. Un moment de poésie. Alors qu’à l’extrémité est du marché, des brocanteurs présentent leur maigre butin en plein air : des bouts de porcelaine, des pièces de monnaie rouillées, quelques vieilleries. A l’ouest, un grand magasin sur deux étages propose divers meubles en bois, des timbres, cartes, peintures et des objets variés à l’effigie de Mao Zedong. Plus loin, des statues en pierre de toute taille et de toute forme ont été installées dans un vaste terrain. Un joli capharnaüm qui a de quoi faire le bonheur de tous.
Informations pratiques :
Marché de Panjiayuan (潘家园市场): Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 18h30 et le samedi et dimanche de 4h30 à 18h30. 100 m à l’ouest du pont de Panjiayuan sur le troisième périphérique est, Chaoyang district. 朝阳区潘家园桥西100米.
Conseil : Les meilleures affaires se font durant le weekend. Si le marché est ouvert jusqu’à 18h30, les stands commencent à être rangés en début d’après-midi. Il vaut mieux donc s’y rendre de bonne heure.
Texte : Aurélie Palancher
Photos : Wang Zhuo