
A 22h, les premiers diablotins arrivent, suivis de leurs antagonistes aux ailes blanches. Les infirmières en porte-jarretelle côtoient des vampires assoiffés. Les princesses en robe d’époque dansent avec des servantes engoncées dans leur petite robe noire et tablier blanc. Peu à peu, la piste se remplit. Mais si Halloween reste à l’unanimité l’occasion de s’amuser et de se déguiser, les gérants chinois de club paraissent beaucoup plus pragmatiques. « Pour nous, c’est un moyen de gagner de l’argent », confie Jack Zhao.
Une aubaine qui a commencé en Chine depuis seulement quelques années. Comme le précise John Floretta, un Américain de 29 ans qui est en Chine depuis 5 ans. « A l’époque, il y avait peut-être un ou deux bars seulement qui célébraient Halloween », se souvient-il. Près de lui, revêtue d’un jean et d’un tee-shirt, Yang Shuo reconnaît qu’elle « avait la flemme de se déguiser » ce soir-là. Du Henan, province centrale de la Chine, cette graphiste de 27 ans semble pourtant faire partie de ces rares Chinois qui connaissent les origines d’Halloween. « C’est le retour de tous les fantômes dans la ville, non ? », demande-t-elle. A l’inverse, Yang Shuo avoue en rougissant « ne pas avoir d’idées précises sur les fêtes chinoises ».
Mais comme toute bonne chose a une fin, pour les Chinois, Halloween reste une fête éphémère. « Passés les 30 ans, les Chinois ne sont plus intéressés par ce genre de sorties », assure Annie Wei. Jack Zhao en est ainsi l’exemple. S’il justifie ne pas s’être déguisé ce soir-là en assurant qu’il « ressemble déjà lui-même à un fantôme », Jack Zhao ajoute beaucoup plus sérieusement : « Je suis marié maintenant. J’ai presque 40 ans. Avant, je sortais tout le temps et j’aurais fêté Halloween. Je préfère les endroits calmes et tranquilles désormais ».
The Bank: Gongti Donglu, Chaoyang district (opposite Gate N°9 of worker’s Stadium). 朝阳区工人体育场东门院内. Tel: 010.65.53.19.98. Site: www.beijingbankclub.com
Texte : Aurélie Palancher
Photos : Wang Zhuo
Novembre 2007

Concerts :
04 septembre
