Faire le plein d’énergiePlus loin, un groupe plus dense fait des exercices de taiji, avec ou sans épée. M. Liu entraîne cette équipe d’amateurs depuis 10 ans. « Tous les jours, on se retrouve ici. Ce sont surtout des gens de moins de 60 ans qui viennent. La plupart sont à la retraite. Le plus jeune n’a que 40 ans, le plus âgé, 76 ans », précise ce retraité de 61 ans qui pratique le taiji depuis 20 ans. Ce sport exige une certaine discipline. Comme le souligne M. Liu : « Il est nécessaire de bien se concentrer et de coordonner la gestuelle des mains avec les yeux ». Outre ses vertus physiques, le taiji est également bon pour le mental. « Le taiji permet de maintenir l’esprit au repos et aide à rester optimiste », assure-t-il.
Dans un coin du parc, un air de jinghu et de erhu se fait entendre. Les badauds s’agglutinent autour de ce petit violon et de cet instrument à deux cordes utilisés principalement dans l’opéra de Pékin et qui accompagnent le chant d’une Chinoise d’une quarantaine d’années. A ses côtés, M. Sun, 76 ans et M. Li, de 4 ans son cadet, entonnent avec un plaisir évident leur rôle masculin. Droits comme des « i » et yeux pétillants, on pourrait croire à première vue qu’ils sont eux-mêmes des chanteurs professionnels d’opéra de Pékin. Que nenni. « Nous étions ouvriers. A l’époque, la vie était difficile, on n’avait pas de radio à ce moment-là ni de loisirs », confient-ils. « C’est en allant écouter de l’opéra tous les jours que nous avons appris à le chanter », justifient-ils. Depuis, les deux amis se rendent de bonne heure au Temple du ciel pour faire leurs vocalises. « Dès que le jinghu se met à jouer, on peut commencer à chanter ce que l’on veut. Chanter à tue-tête dans la nature permet de faire le plein d’énergie toute la journée », sourient-ils.
En dehors des exercices matinaux traditionnels, certains ont été créés de toute pièce en combinant plusieurs disciplines. Comme le « Taiji Rouli »
ou le « Qiankun ». Le premier consiste, à l’aide de deux raquettes molles, à lancer une balle souple en direction de son adversaire, tout en utilisant la gestuelle du taiji. Au second, il faut lancer des cerceaux souples en direction d’un autre joueur qui doit les rattraper en ne se servant que de sa tête. Pour Li Chunman, le créateur du Qiankin, ce jeu l’a débarrassé de « ses problèmes de clavicules et de vertèbres ». Idem pour ses émules qui ont décidé de fêter les JO de Pékin à leur manière… en décorant leurs cerceaux aux couleurs des anneaux olympiques.
Texte : Eloise Tian
Photos : Wang Zhuo
Novembre 2007

Expositions :
06 septembre 09 septembre
