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  Vendredi 21 novembre 2008   14:21
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Pékin - Chine

La ligne de métro n°5
fait ses premiers pas à Pékin

Après presque cinq ans de travaux, la ligne de métro n°5 a ouvert début octobre à Pékin. Impressions sur les premiers rodages.

Affichage des prochins trains« Elle est pas mal, mais pas aussi bien que celle de Shenzhen (sud de la Chine) ». Wang est blasé. Pour ce Pékinois d’une vingtaine d’années qui travaille à l’extrémité Est de la ville, la ligne de métro n°5, dernière en date, ne changera pas sa vie.

Après presque cinq ans de travaux, cette quatrième ligne, longue de 27,6 km, qui relie les stations de Tiantongyuan, au nord de la capitale chinoise, à celle de Songjiazhuang, tout au sud, s’est ouverte dimanche 7 octobre à 14h. Au vu des milliers de personnes qui ont afflué dès le lendemain dans les couloirs tout neufs, la ligne rose et ses 23 stations semblaient pourtant être attendues comme le Messie.

A Dongdan, un des quatre nœuds de transfert, situé près du quartier commercial de Wangfujing, aucun changement flagrant ne transparaît. Si ce n’est une vulgaire feuille de papier indiquant la direction à suivre pour rattraper la ligne 5.

Les collecteurs de tickets de métro sont toujours en place, avec leur costume vert-bleu à boutons dorés un rien démodé et leurs chaussures à semelles écrasées en toile noire.

Ce n’est qu’une fois en haut de l’escalator et après avoir emprunté un long corridor jaunâtre fraîchement peint qu’un extraordinaire ballet désordonné s’offre aux yeux. Premier obstacle : le long tapis roulant qui n’est pas sans rappeler celui de la gare Montparnasse à Paris.

Ici, il n’aide pas à donner de l’impulsion à la marche, il sert de reposoir. Ce qui laisse amplement le temps d’admirer les voies au sol pour aveugles de couleur grise, les panneaux publicitaires et autres slogans en caractères chinois arborant fièrement : « Nouveau Pékin. Nouveau métro. Nouvelle vie ».

Pour un coût de 12 milliards de yuans (1,2 milliard d’euros), on peut dire que les petits plats ont été mis dans les grands : panneaux flamboyants en anglais et en chinois, ascenseurs -encore hors service- pour les personnes handicapées, lecteurs de tickets de métro, nouveaux uniformes, murs décorés de calligraphie chinoise, bornes d’informations et écrans indiquant le passage des prochaines rames, des règles de sécurité et de politesse. Seul hic : ils sont uniquement en chinois.

Silence pesant

un stationLes quais sont équipés d’un système de double-portes sécurisées. Le métro lui-même comporte des écrans plats qui devraient diffuser les compétitions olympiques et prévient par un signal sonore de l’ouverture et de la fermeture des portes.

A l’intérieur, un silence rarement vécu par les habitués du métro s’instaure dans les compartiments réunis en une seule rame et séparés par des soufflets. Un silence un peu trop pesant peut-être car aucune voix enregistrée n’indique à ce moment-là le nom des stations. « Et comment ils vont faire les aveugles ? », lance un passager à voix haute.

Mais la remarque ne suscite aucune réaction. On ne semble pas plus faire attention aux erreurs de traduction de chinois à anglais sur les consignes de sécurité collées contres les parois.

Peu importe que la barre verticale à laquelle on peut se tenir durant le voyage indique « accoudoir » en anglais. Chacun est bien trop occupé à vérifier que son téléphone portable a de la réception durant tout le trajet comme le projet l’a promis.

A la station Yong Hegong, des Chinois posent devant les rampes en marbre blanc et les colonnes rouge sombre qui décorent les lieux, rappelant l’architecture traditionnelle chinoise. Plantés sur les quais, les bénévoles habillés en tenue de ville ne se reconnaissent qu’à leur passe.





Et leur manque d’expérience. « Je ne sais pas à quelle station commence la partie aérienne du métro », bredouille-t-il à une question posée par un usager. Tout simplement, à l’endroit où il faut descendre du métro par la porte opposée : la station Huixinjie, au niveau du 4e périphérique nord de Pékin.

Après 5 minutes d’attente, le métro arrive. Avec une petite erreur de précision dans la manœuvre : il ne s’arrête pas en face des portes vitrées du quai et doit faire marche-arrière sur quelques centimètres. Dans cette partie du trajet, le nom des stations est indiqué en chinois -et en anglais approximatif- par une voix enregistrée.

Cependant, beaucoup plus rapide et silencieuse que son homologue aérienne n°13 ou les classiques lignes 1, 2 et 8, la ligne 5 qui peut atteindre jusqu’à 80 km/h fera certainement le bonheur de millions de citadins et des touristes qui voudront visiter entre autres le Temple des Lamas ou le Temple du Ciel. Et ce avant l’ouverture de trois lignes supplémentaires dès l’année prochaine comme l’a prévu la municipalité de Pékin.

Ligne 5 : Songjiazhuang-Tiantongyuan. Prix : 2 RMB sans coût supplémentaire pour les transferts sur les autres lignes. Horaires : 5h à 23h31 selon les stations. 4 nœuds de transfert : Dongdan, Chongwenmen, Yonghegong et Lishuiqiao.

Texte : Aurélie Palancher
Photos : Wang Zhuo
Octobre 2007

   affichage des prochains trains
   compartiments reunis en un seul
   double portes

   ecran
   entree yonghegong
   escalator

   escaliers
   file
   lecteur de cartes

   nom des stations
   partie aerienne
   personnel du metro

   rampe en marbre
   signal sonore
   slogan

   sur le quai de la partie aerienne
   sur le quai
   tapis roulant

   train bonde
   une station
   vers les jeux olympiques





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