Alors que la Coupe du monde de rugby bat son plein, les équipes de rugby de Pékin préparent leurs propres tournois locaux. Encore boudé en Chine, ce sport se développe progressivement, grâce à des centres d’entraînement universitaires.
« Il n’y a pas d’opportunités avec le rugby en Chine. On ne peut pas gagner
d’argent ». Chen s’est résigné : il ne sera jamais un joueur de rugby professionnel. Mais ce commercial chinois de 27 ans continue à jouer tous les jours et à s’entraîner avec ferveur deux fois par semaine avec ses co-équipiers des Brothers à Pékin.
Et il répond toujours présent aux rencontres sérieuses ou amicales. Comme samedi 22 septembre qui marque le premier match amical de la Coupe de Pékin, opposant les équipes locales des Brothers aux Aardwarks au Centre de Sports de Chaoyang.
C’est sur un terrain entouré de peupliers et de gravier, avec comme poteaux de but des tiges de bambou ficelées, que joueurs de Grande-Bretagne, Océanie et des îles du Pacifique notamment, et supporters de tout âge se rassemblent autour d’un barbecue convivial avant le coup d’envoi. Ici, pas de chichis : on mange avec les doigts, on boit à même le goulot. Les chaussettes sont parfois inexistantes, les maillots, dépareillés.
Peu importe. « Pour nous le rugby, c’est surtout une bonne occasion de se faire des amis et de se détendre le samedi après-midi », précise Kevin Sela, un étudiant fidjien à l’Université de l’Agriculture et capitaine des Brothers. Mais ces rencontres décontractées ont aussi une autre ambition. Comme le souligne Dave Trethewey, capitaine australien des Aardvarks : « La Chine nous donne tellement que nous voulons lui rendre la pareille en contribuant au développement du rugby ».
Un souhait que partage Gao, un agent immobilier chinois de 26 ans qui a commencé à pratiquer le rugby en semi-professionnel il y a 6 ans alors qu’il étudiait le droit à l’université de l’Agriculture, à Pékin. « C’est un sport où l’on peut utiliser toutes les parties du corps. J’aime le fait que l’on utilise son cerveau aussi », confie-t-il. « Les Chinois n’aiment pas les sports où les contacts physiques sont trop violents », ajoute Gao pour expliquer le manque d’engouement des Chinois pour ce sport. Et pour cause : les matchs ne sont pas diffusés sur les chaînes chinoises, les journaux n’y font guère allusion. Le rugby demeure toujours en marge.
Pourtant ces dernières années, la pratique du ballon ovale commence à se faire connaître, grâce notamment aux communautés d’expatriés et aux retransmissions en direct, même tardives, de la Coupe du monde de Rugby. Quelques centres d’entraînement au niveau universitaire comme l’Université de l’Agriculture de Pékin accueillent aussi toute personne, chinoise ou étrangère, intéressée par le rugby.
C’est d’ailleurs grâce à ce même établissement que les joueurs chinois présents ce jour-là ont connu et pratiqué le rugby. « C’est moi qui les ai tous amenés », dit avec fierté Chen. La majorité des joueurs de l’équipe nationale chinoise proviennent également de cette université.
Pas si désorganisés qu’ils n’en ont l’air, les Brothers ont quand même une interprète qui n’est autre que la compagne de Chen. La jeune Chinoise est chargée de la communication, de la coordination entre tous les membres de l’équipe, et de traduire les subtilités des règles et des techniques. Elle distribue des brochures lors des rencontres, parle avec les médias et tente de promouvoir les événements sportifs.
Ce travail en amont semble petit à petit porter ses fruits. De plus en plus de Chinois s’intéressent au rugby. Et pour preuve : une coupe universitaire de niveau national est organisée le 23 octobre à Chengdu (sud-ouest) où participera des équipes de toute la Chine. Première du genre, elle permettra aux joueurs chinois provenant de différentes régions et universités de se rencontrer.
Sans aller si loin, il est également possible d’assister à des matchs de bon niveau à Pékin. La Coupe de la Mer Jaune qui rassemble des équipes de la capitale chinoise, Shanghai et Séoul, a été lancée le même jour que la Coupe de Pékin. Elle se joue en ce moment au Centre des Sports de Chaoyang, le plus souvent les samedis, en début d’après-midi.
Pour ceux qui souhaitent jouer au rugby ou s’impliquer dans ce sport à Pékin, voici les sites Internet des équipes de la ville :
Beijing Devils
The Aardvarks
The brothers (兄弟)
Les hommes de Pékin (北京原人) : Nishimura Masahiro 139.48.70.01.33
Ces équipes sont à la recherche de sponsors pouvant contribuer au transport, à la location de terrains, etc. Par ailleurs, elles organisent aussi des événements de collecte de fonds pour l’éducation des enfants chinois.
Prochain rendez-vous : le samedi 29 avril, dîner caritatif au profit de l’Unicef, au Bauhinia Grand Ballroom du Landmark Tower, 8 Dongsanhuan Bei Lu, dans le district de Chaoyang.
Tarif : 400 RMB.
Renseignements auprès de Daera Ako au : 010.159.01.37.89.55 ou
auprès de Liza Gabira au : 139.10.58.73.05.
Texte et photos : Edouard Beauchemin
Octobre 2007

Concerts :
04 septembre
