Le silence est retombé sur le stade national olympique ou « Nid d’oiseau ». Pékin vient de clore, dans une dernière démonstration de magnificence, les XXIXe Olympiades de l’histoire moderne.
Un adieu retentissant, tonitruant. Dans une gigantesque explosion de feux d’artifices au milieu du fracas des tambours et des chœurs, Pékin a transmis le drapeau olympique à Londres, qui accueillera les JO en 2012. Pour ce dernier événement, retransmis sur les écrans du monde entier, Pékin se devait de frapper fort. Comme pour la cérémonie d’ouverture, le spectacle, chorégraphié par le réalisateur Zhang Yimou, a aussi mis en œuvre des moyens impressionnants: écrans géants, nacelles lumineuses, structure métallique immense en forme de pagode rétractable envahie par une nuée d’acrobates et d’hommes volants…
Tandis que la cérémonie d’ouverture glorifiait l’histoire et la civilisation chinoises, le spectacle de dimanche a préféré mettre l’accent sur l’union entre les peuples. Une façon de dire au revoir aux visiteurs étrangers, mais aussi de clouer le bec à toutes les polémiques d’ordre politique qui ont parasité les Jeux. Le message adressé par Liu Qi, président du Bocog (comité organisateur des Jeux) dans son discours est d’ailleurs clair: le peuple chinois a tenu ses engagements et s’est montré fidèle à son idéal d’«Un monde, Un rêve».
Stupéfaction du public
Plus qu’une cérémonie solennelle, le spectacle de dimanche a donc des allures de fête bon enfant, aux accents techno. Parmi les athlètes de tous pays, rassemblés au centre du stade, l’ambiance est détendue. On grimpe sur les épaules les uns des autres pour mieux voir les délégations. On va et vient en sandales sur le terre-plein. On se photographie.
Le public, depuis le décompte très suivi des 20 secondes précédant le lancement de la cérémonie, est lui aussi chauffé à blanc. Partout dans les gradins, les éventails orange et les flammes olympiques en plastique lumineux s’agitent, jusqu’au « clou » de la soirée: l’apparition soudaine et inattendue de David Beckham. Il surgit d’une nacelle, comme un lapin sorti d’un chapeau, au milieu des « Oh » de stupéfaction du public. La star du football, idole des Chinois, lance symboliquement le décompte jusqu’aux jeux de 2012 en tirant dans un ballon, créant un sympathique remue-ménage chez les volontaires habituellement si policés qui se ruent sur le trophée.
Londres entre en piste
Dans ce show grandiose, les jonques chinoises de la cérémonie d’ouverture ont laissé la place sur la piste à un bus à impériale anglais, accompagné de danseurs très « british », façon « I’m singing in the rain». David Beckham a volé la vedette à la star chinoise du basketball Yao Ming. Guo Jinlong, maire de Pékin, a transmis le drapeau olympique au londonien Boris Johnson. Et la chanteuse pop Leona Lewis s’est livrée à un duel musical avec le guitariste de Led Zeppelin Jimmy Page. L’Angleterre est entrée en piste. Pékin peut donc tirer sa révérence. Adieu l’Asie ! Bonjour l’Europe !
Texte : Christina Lionnet
25 août 2008