Jorgen Munk est passionné de handball. Malgré la défaite de son pays contre la Croatie en quart de finale aux JO de Pékin, ce Danois de 25 ans tente de regarder tous les matchs de son sport de prédilection à la télévision ou sur les sites olympiques. Il nous fait partager ses impressions.
« Un point de différence de toute beauté ». Jorgen Munk a du mal à contenir son excitation lorsqu’il évoque la première demi-finale de handball féminin qui a opposé le 21 août à 18 h la Norvège à la Corée du sud au Palais national omnisports de Pékin. Un match très disputé et remporté 29-28 par les Scandinaves et que ce Danois de 25 ans, étudiant en chinois à Pékin, a regardé devant son poste de télévision. La seconde rencontre de la soirée a elle vu la victoire de la Russie face à la Hongrie par 22 à 20.
Les trois dernières minutes du match Norvège-Corée du sud, Jorgen Munk les a savourées. « Menées, les Coréennes ont marqué trois buts en une minute. Dans les 20 dernières secondes, elles sont revenues au score, égalité partout. On était sûr qu’il y aurait une prolongation », raconte ce diplômé en commerce international de Copenhague.
« Les Norvégiennes ont alors mis un but dans les derniers centièmes de secondes. Il a fallu visionner cinq fois le ralenti pour vérifier. Même les joueuses coréennes ne voulaient pas quitter le terrain », ajoute-t-il. Finalement, les Coréennes salueront le public avant de sortir sous les applaudissements chaleureux des supporters hongrois et russes venus en majorité dans ce site tout de bleu ciel et gris de plus de 80 000 m².
Comme tout Danois qui se respecte, Jorgen Munk est passionné de handball. « Au Danemark, le handball est le deuxième sport le plus populaire après le football. Au moins 20% des jeunes Danois ont joué dans un club de hand », explique celui qui a lui-même évolué pendant deux ans au club scandinave de handball lorsque ce parfait francophone vivait à Bruxelles. Et les pronostiques vont bon train pour l’aficionado de la petite balle. « La Norvège devrait gagner contre la Russie. Quoiqu’il arrive, les Norvégiennes se donnent jusqu’au bout, elles n’abandonnent pas », commente-t-il.
Venu une première fois en 2004 à Pékin durant trois semaines, Jorgen Munk n’aurait jamais imaginé se retrouver quatre ans plus tard aux JO. « J’avais complètement oublié que c’était les Jeux lorsque je suis revenu dans la capitale chinoise il y a sept semaines », sourit celui qui a assisté à des compétitions olympiques de football, d’athlétisme et de handball sur le terrain.
S’il dit « avoir été impressionné au début par l’organisation des JO », Jorgen Munk reste néanmoins sur sa faim. « J’ai été très déçu par le manque d’entraînement des volontaires olympiques. Ils sont tellement nombreux, c’est dommage. La ville est belle, non polluée, les sites sont superbes mais les volontaires que j’ai rencontrés ont été incapables de me renseigner », déplore-t-il.
Autre petite déception : l’équipe masculine du Danemark qui a dû s’incliner face à la Croatie 26 à 24 en quart de finale. Surtout après une victoire en match préliminaire contre les champions du monde en titre allemands. Le Danemark aurait alors pu rencontrer la France en demi-finales. Et Jorgen Munk y aurait mis le prix. « J’étais prêt à payer 5 000 RMB (500 euros) pour quatre tickets. Mais quand j’ai vu notre défaite, je les ai décommandés », déclare-t-il sans sourciller.
Jorgen Munk n’aura pas besoin de débourser autant pour assister aux deux demi-finales hommes du 22 août opposant la France à la Croatie et l’Islande à l’Espagne : il a réussi à trouver une place à 600 RMB. Quelques heures avant le coup d’envoi, ses prévisions sont prêtes. « La France va gagner d’un point. Elle a très bien joué jusqu’à maintenant. Sans leur star Ivono Balic, ce sera beaucoup plus difficile pour les Croates », assure-t-il.
Et pour la finale hommes de dimanche 24 août, Jorgen Munk a aussi sa petite idée : « Je vois bien une finale France-Islande. Cette dernière est traditionnellement bonne. Les Islandais ont déjà été en demi-finales de Coupes du monde et d’Europe ». En tout cas, une sixième médaille d’or pour les tricolores ne serait pas superflue !
Texte : Aurélie Palancher - Photos : Wang Zhuo - Août 2008