Ouvert une semaine avant les JO, le Club Paris-Pékin est une alternative beaucoup moins officielle à Pékin que le Club France réservé aux athlètes et médias accrédités. Situé à Sanlitun, ce bar-restaurant, ouvert à tous, n’en reste pas moins un lieu où l’on se sent privilégié.
« Nous voulions un lieu convivial, de rencontres et d’échanges avec les Chinois durant les JO ». Philippe Bastien semble satisfait. Le pari de ce consultant français pour des marques d’alcool et de boissons est réussi avec l’ouverture le 2 août à Sanlitun, dans le quartier des ambassades de Pékin, du Club Paris-Pékin. Un nom à ne pas confondre avec le très officiel Club France, espace d’accueil des journalistes accrédités et athlètes olympiques tricolores. Car si la marque d’Adidas-boxe s’est réservé une alcôve privée décorée de mousseline bordeaux dans le Club Paris-Pékin, ce dernier se veut lui accessible à tous.
Une année aura été nécessaire à Philippe Bastien et à Eric Villant, président du comité de la région Ile-de-France de judo, pour développer ce projet. « Nous sommes basés à Paris donc cela a pris du temps », explique Philippe Bastien. « Nous voulions un lieu qui nous convienne esthétiquement, pas trop ‘stylé’, pour que les clients se sentent dans un endroit international, et pas trop chinois non plus », ajoute-t-il. Séduit par les généreux fauteuils en velours et les lourdes tables en bois qui agrémentent le bar au rez-de-chaussée et la luminosité combinée à l’élégance du restaurant à l’étage, le duo choisit alors pour son quartier général le Gold Barn, un établissement réputé pour sa cuisine du Sichuan.
La décoration est restée la même, à quelques détails près, si ce n’est l’étendard français dressé sur la façade, les statuettes de coqs posées sur la tablette de l’entrée. Sans oublier les deux écrans géants et les deux postes de télévision sur les deux étages diffusant en continu les compétitions olympiques. Le personnel d’origine qui a suivi une formation aux ficelles du zinc auprès de deux ambassadeurs expatriés des marques Pernod-Ricard et Monin, n’a pas changé non plus. « C’est important pour l’âme du service et du restaurant », précise Philippe Bastien.
Troisième mi-temps14 cocktails au prix fixe de 47 RMB à base de vodka, rhum et gin sont ainsi proposés dans une liste entièrement revisitée. Avec en prime du Ricard à flot sous toutes ses variantes, de la Tomate au Perroquet, qui comblera les plus nostalgiques. Pas en reste, le champagne coûte moins de 700 RMB (70 euros) la bouteille. Côté restauration, le chef a dû revoir à la baisse la quantité de ses piments pour s’adapter aux palais les plus sensibles.
Mais pas question pour autant de renier cet ingrédient indispensable à la cuisine sichuanaise. Ni la créativité et le talent du cuistot. Les formules déjeuners à 99 et 159 RMB et la carte dînatoire offrent ainsi de la cuisine « fusion » comme le foie gras façon Sichuan, la salade de légumes et lychees à la sauce menthe, le porc sauté à la citronnelle ou encore le gâteau au tofu sauce chocolat. Des plats typiquement français sont aussi répertoriés comme l’inconditionnelle entrecôte-frites. Et le tout à des prix accessibles à toutes les bourses, de 39 à 169 RMB, vin non compris.
Depuis le lancement une semaine avant les JO, le Club a vu affluer une clientèle diversifiée : des Chinois habitués du Gold Barn, des entreprises ou collectivités présentant leurs produits ou accueillant des fédérations. Mais aussi des expatriés qui n’ont pas eu la chance d’obtenir des billets. « On a eu un client qui venait tous les matins pour regarder la natation à la télévision. Il n’avait que des places pour les compétitions de l’après-midi, aucune pour le matin », plaisante Philippe Bastien. Et parfois, avec un peu de chance, il est même possible de croiser des célébrités à la recherche d’un havre de paix loin des strass et paillettes. « Mardi soir, l’ancien champion olympique et du monde de judo David Douillet est venu dîner avec sa femme », se réjouit-il.
Après le succès de la soirée open buffet et bar pour la cérémonie d’ouverture, Philippe Bastien compte renouveler l’expérience dimanche pour la fin des JO avec cette fois-ci un dîner assis qui n’exclut pas de veiller plus tard, « quitte à passer la troisième mi-temps sur place ». Le menu reste pour l’heure indéterminé tout comme les projets pour le Club. « Nous sommes pour l’instant en plein dans le feu de l’action », déclare-t-il, mystérieux. « Nous aimerions reproduire le projet ailleurs, peut-être pour l’exposition universelle de Shanghai en 2010 ou pour les prochains JO ».
Philippe Bastien est toutefois sûr de deux choses : « Le restaurant Gold Barn va reprendre ses droits après les JO ». « En tout cas, le bilan est largement positif », conclut-il.
Informations pratiques : Club Paris-Pékin : Ouvert tous les jours de 11h30 à 2h jusqu’à la fin des JO. 3 Beixiaojie, Sanlitun, Chaoyang district (à côté de Jenny Lou’s). 朝阳区三里屯北小街3号 (Jenny Lou’s 碰边). Tel : 010.84.54.00.64
Texte : Aurélie Palancher - Photos : Wang Zhuo - Août 2008