Après quatre années de travaux, le musée d'art de Han Meilin a ouvert ses portes fin juin dans l'est de Pékin. C’est le second musée après Hangzhou pour ce Chinois qui est plus connu comme le créateur des cinq mascottes des JO de 2008. Mais Han Meilin est aussi un artiste complet qui jongle entre la sculpture, la céramique, le dessin et la calligraphie. Visite.
Il n'est pas seulement le créateur des mascottes des JO de Pékin (fuwa). Han Meilin l'a prouvé en ouvrant le 25 juin son second musée d'art en Chine. Après la ville de Hangzhou, près de Shanghai, il a choisi le district de Tongzhou, dans l'est de la capitale, pour donner naissance à son deuxième bébé. Sur une superficie d'environ 10 000 m², Han Meilin, connu également pour avoir crée le logo de la compagnie aérienne Air China, présente 30 ans de carrière au travers de plus de 2 000 pièces. On peut ainsi découvrir un artiste éclectique aussi doué en sculpture qu'en peinture, céramique ou dessin.
Une heure de métro sur la ligne Batong est nécessaire du Centre d'affaires de Guomao pour accéder au musée. A la sortie de la station Linheli, un grand panneau calligraphié indique que le musée en question se trouve à l'intérieur du parc. On peut dire que l'on ne se bouscule pas au portillon quelques jours après l'ouverture du lieu. Au guichet, personne. Idem devant le portail. Un jeune garde arrive enfin. L'entrée de 10 yuans est exemptée. Normalement réservés uniquement à ceux qui ont préalablement téléphoné, de nombreux tickets restent gratuits au grand public.
L'entrée du parc est recouverte de gravier et de fleurs en pot. Trois sculptures en bronze révèlent déjà le style si particulier à Han Meilin : des corps de femmes au buste élancé et aux larges cuisses accompagnés d'enfants minuscules. Dans des tons qui rappellent le métal vieilli, le bâtiment angulaire est recouvert de fresques vertes verticales. Une passerelle en bois passe au-dessus d'un bassin jonché de lotus alors que des bambous rivalisent avec du lierre courant sur les murs de briques grises. Et mène d'abord à une boutique d'objets artisanaux de décoration et autres souvenirs.
Une fois franchie la lourde porte à double battants, une citation en anglais rédigée sur un panneau de bois révèle un homme qui se décrit lui-même comme un bourreau du travail : " C'est le moyen que Dieu a de me dire que puisque je suis aussi têtu qu'un bœuf, je devrai travailler aussi dur qu'un". Entêté certes et esthète. Car la première salle d'exposition se veut raffinée : un piano à queue, une statue géante de bouddha en marbre tenant une fleur de lotus, des calligraphies d'anciens idéogrammes, et toujours ces sculptures de femmes longilignes embrassant des enfants fragiles. Quelques notes de flûte de bambou résonnent en fond sonore alors que le thème des animaux sur tapisserie ou des peintures à l'encre semble redondant.
On regrette néanmoins que les légendes ne soient rédigées qu'en anglais, que les guides ne soient pas encore totalement formées, et que les cinq ou six hôtesses d'accueil au comptoir des renseignements n'aient pas une seule brochure à disposition. Un escalier conduit vers d'autres œuvres calligraphiées cette fois-ci en caractères chinois traditionnels exposées au sous-sol dans des espaces réduits au minimum. La principale attraction pour les photographes amateurs munis de leur téléphone portable, reste le long corridor en pente dont les murs sont recouverts de dessins de femmes, de chouettes. Et surtout de croquis des fuwa. On peut y voir ainsi les premiers brouillons de Han Meilin bariolés de coups de crayon de papier. Avant de parvenir à la version finale des cinq célèbres mascottes olympiques dont les noms (Bei Bei, Jing Jing, Huan Huan, Ying Ying, Ni Ni) forment ensemble « Bienvenue à Pékin ».
Les cinq autres salles d'expositions présentent des sculptures géantes en bronze de quelques mètres de hauteur et qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de mètres, des récipients en céramique, des logos et affiches de différentes publicités et affiches comme celle du Musée d'art de la province du Zhejiang ou de l'Association des Films de Chine ou encore celle du Premier festival d'art de la Jeunesse de l'Asie Pacifique. Sans oublier la salle de projection montrant en boucle un documentaire de 10 minutes sur l'artiste. Et le café dans les tons de blanc et de noir, encore en travaux à ce moment-là, décoré de tables en marbre, de sièges en cuir et d'un comptoir entouré de quatre tabourets en cuir.
A la fin de la visite, on ressort par un chemin construit tout en caillebotis longeant un bassin dont le fond est constitué de rangées de tuiles grises typiques de Pékin. Ce qui accentue d'autant plus la sérénité du lieu. Un rapide aperçu sur l'atelier de Han Meilin et l'on se retrouve en plein milieu du parc où d'autres statues décorent les allées. UN moyen de prolonger cette découverte artistique.
Informations pratiques
Musée d'art de Han Meilin : ouvert du mardi au dimanche de 9h à 17h.68 Jiukeshu Donglu,Liyuan County,Tongzhou District, 北京市通州区梨园镇九棵树东路68号.Tél. : 010.59.75.18.88 ou 010.59.75.52.88. Entrée : 10RMB.
Comment s'y rendre ?
Le plus simple et le moins onéreux reste de prendre le métro. Prenez la ligne 1 jusqu'à la station Sihui ou le terminus Sihui Dong. Puis montez dans la ligne Batong (八通) jusqu'à la station Linheli. Tarif : 2RMB.
Texte : Aurélie Palancher - Photos : Wang Zhuo
Août 2008