Le Centre artistique 798 de Dashanzi, dans le nord-est de Pékin, compte un nouveau venu : le Centre Ibérique d’Art Contemporain. Ouvert mi-avril à l’occasion de la clôture de l’Année de l’Espagne en Chine, cet espace a un potentiel à faire valoir.
C’est à Gao Ping, déjà à la base du projet de la Fondation internationale d’Art et de Culture de Madrid en 2007, que l’on doit le Centre Ibérique d’Art Contemporain ouvert le 15 avril dans le complexe 798 de Dashanzi à Pékin. Son objectif tout comme son homologue dans la capitale espagnole : mieux faire connaître l’art contemporain, notamment chinois.
Là où le Centre ibérique se démarque réellement de ses confrères, c’est dans sa volonté de rendre compte du dynamisme de l’art vidéo indépendant chinois, en particulier documentaire, en collectant les films originaux et en en facilitant leur accès à un large public. Le Centre d’Archives de films indépendants propose ainsi une filmothèque en visionnage libre, au cours de projections quotidiennes. Il met également à disposition du matériel professionnel à louer.
Avant même de passer la porte, la façade extérieure reflète symboliquement l’ambition de devenir un pont culturel, grâce à son immense mur en briques rouges flambant neuf créant une unité entre trois sites originellement bien distincts. À l'intérieur, 4 000 m², dont 1 200 rien que pour le hall d’exposition principal, sont dédiés à une programmation qui se veut éclectique, à 70% consacrée à l’art chinois contre 30% à l’art international. Avec un accent fortement mis pour ce dernier sur l’art hispanique.
Certaines créations sont installées dans de très traditionnels « cubes blancs » qui inscrivent leur classicisme dans l’ancien complexe industriel en briques, typique du quartier ; d’autres au cœur même de l’ancienne fabrique bénéficiant alors d’une hauteur de plafond allant de 5 a 11 mètres.
En perpétuelle évolutionL’exploitation de l'espace est encore timide mais laisse entrevoir les possibilités du lieu, avec de belles mises en perspective. Faisant pendant aux nombreuses salles obscures, les bureaux s’élèvent dans une structure tout en transparence laissant circuler librement la lumière. Le projet est signé Liang Jingyu, architecte chinois de renom, fondateur de l’agence Approach Architecture Studio, qui a représenté la Chine à la Biennale d’Art et d’Architecture de Sao Paulo en 2005.
Mais une impression d’inaccompli plane encore sur toute la structure. Par manque de temps, le centre a ouvert avant la fin des travaux. L’architecte du lieu avançant sur son site internet l’hypothèse séduisante d’en faire « un projet inachevé permanent, dans l’attente que les artistes et leurs œuvres viennent l’altérer ». Une volonté affichée de faire que chaque intervention contribue ainsi à donner au Centre ibérique un visage en perpétuelle évolution.
Ce qui n'empêche cependant pas quelques ajustements. « Nous projetons d’aménager une galerie à proximité dont les bénéfices serviront à soutenir une partie des frais du Centre d’art, ainsi qu’une salle de projection de 150 sièges (actuellement la capacité est de 50 personnes) », explique Dou Zi, la directrice de la Promotion et des Médias. « Des studios seront également mis à la disposition des artistes désirant poursuivre leur projet artistique à Pékin. Mais la priorité est de parachever le bâtiment principal et d’ouvrir la cafeteria pour plus de convivialité », ajoute-t-elle.
A la manière d’une pieuvre, le centre d’art s’étendrait donc sur plusieurs sites à proximité les uns des autres, et assiérait ainsi sa présence dans tout le quartier. Rien n’est trop ambitieux pour promouvoir l’art contemporain !
Informations pratiques :
Centre ibérique d’art contemporain : 798 Art District, No. 4 Jiuxianqiao Road, Chaoyang District, Beijing, China
Horaires d’ouverture : 10h-18h (fermeture le lundi). Entrée gratuite.
Internet : www.iberiart.org (en chinois, espagnol et anglais)
Texte : Thi-Von Muong-Hane
Photos : Wang Zhuo
Août 2008