Pour faire face aux 450 000 personnes attendues durant les JO de Pékin qui commenceront le 8 août, le BOCOG (comité organisateur des Jeux de Pékin) a mis en place début juillet un large contingent de volontaires répartis dans des kiosques à travers toute la ville. Leur objectif : informer les touristes et offrir des services gratuits dans les langues les plus parlées. Impressions.
L’idée est assez bonne. Dans une grande ville comme Pékin, il est facile de se perdre et de se sentir décontenancé quand on est juste de passage. Difficile également de demander son chemin ou un renseignement, le niveau d’anglais des locaux étant assez faible. Pour pallier ce problème, la municipalité a décidé début juillet d’essaimer dans toute la capitale des kiosques de volontaires olympiques dont le rôle est de répondre aux questions des visiteurs et de proposer divers services.
Les chiffres ont de quoi donner le vertige : 100 000 volontaires au total, 70 000 sur les sites de compétitions et les 30 000 restants répartis aux quatre coins de la ville. Reconnaissables à leur tenue bleue et blanche et casquettes vissées sur la tête, des équipes de cinq à huit volontaires se partagent des boîtes d’1 m3 dispersées à des points stratégiques de la capitale.
Le plus souvent des étudiants en vacances, ces jeunes Chinois recrutés dans tout le pays, ont reçu une formation spéciale pour faire face à des situations de crise. Dans leur panoplie de premier secours, il n’y manque rien : pansements, bandages et désinfectant.
Chaleureux et pleins de bonne volonté, ces bénévoles accueillent les touristes avec le sourire. C’est le cas de Wei Linlin, 22 ans, étudiante en traduction à l’université américaine de Pékin qui est postée à un kiosque du district de Chongwenmen, dans le sud-est de la ville. « Bienvenue à Pékin! », claironne-t-elle. Rien de bien original, mais cela fait toujours plaisir.
Mais dès que l’on pose une question sur un lieu en particulier, les choses se corsent quelque peu : « Vous voulez aller au Parc Chaoyang (l’un des plus grands parcs de Pékin : ndlr) ? Je ne connais pas très bien cet endroit », confie-t-elle. Et sans se laisser démonter, elle ajoute : « Et si vous y alliez en taxi ? ». Nous insistons pour prendre les transports en commun. La jeune fille sort alors une carte. Avec ses quatre comparses, elle se penche sur le problème pendant quelques minutes. Avant de revenir avec une solution. Un vrai travail d’équipe.
Sur le plan linguistique, les volontaires ont encore des lacunes. S’ils parlent plus ou moins bien l’anglais, ils ont tendance à oublier que le français reste l’une des trois langues officielles des Jeux olympiques de Pékin. A un autre kiosque, un volontaire demande sans tact à une jeune Française interloquée de 12 ans : « Et pourquoi tu ne parles pas l’anglais, toi ? ». La mère de cette dernière devra répondre à la place de sa fille : « Elle n’est qu’au collège ».
Le contingent de volontaires aura près de trois mois pour apprendre de ces petits impairs d’ordre culturel. Il devrait s’étoffer au cours des semaines suivantes pour atteindre son apogée au moment des JO. Le nombre de langues étrangères proposées devrait lui aussi être plus important. Les kiosques seront alors tous ouverts. Et ce jusqu’aux jeux paralympiques qui se dérouleront en septembre.
Si l’inexpérience des jeunes bénévoles est tout à fait excusable, il n’en est pas de même de l’absence de cartes, dépliants ou autre support informatif comme on a pu remarquer. Mais la bonne humeur de ces petits ambassadeurs olympiques reste contagieuse. Et le sourire en prime vaut bien toutes les médailles d’or du monde !
Texte : Edouard Beauchemin
Photos : Wang Zhuo
Juillet 2008