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  Dimanche 7 septembre 2008   11:33
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Chunjie : La Fête du Printemps a un air de famille

La Fête du Printemps tombe cette année le 7 février. Fête la plus importante des Chinois, elle offre l’occasion de réunir les familles et de montrer une tradition pluriséculaire aux nouvelles générations.

décoration ostentatoireLa famille. Un mot redondant pour tous les Chinois sans exception lorsqu’ils évoquent la Fête du Printemps ou Nouvel an chinois (chunjie). Célébrée le premier jour du premier mois lunaire, cette fête qui remonte à la dynastie Shang (1766-1122 av. J. –C) tire ses origines des sacrifices donnés aux divinités ou aux ancêtres au début de l’année. Elle tombe cette fois-ci le 7 février et marque l’entrée dans l’année du Rat.

Comme à Noël en Occident, les rues de Pékin semblent désertes à la veille du chunjie (chuxi). Les restaurants sont pour la plupart fermés. Les rares établissements ouverts sont tous réservés par les réveillonneurs encore sur leur faim ou qui n’ont pas eu l’envie de cuisiner. Les magasins tirent leurs stores de bonne heure. Les taxis se font rares. Pékinois ou provincial, chacun est rentré chez soi. Car le chunjie est l’occasion pour tout le pays de bénéficier d’une semaine de vacances complète. Et il donne lieu à d’importants déplacements de la population.

Seules quelques décorations essaimées dans la ville auxquelles s’ajoutent des guirlandes lumineuses des fêtes de fin d’année, parfois ostentatoires, trahissent l’aspect festif. A 23 ans, Cao Peng Fei ne peut s’empêcher de faire la comparaison avec le Hebei, sa province d’origine (nord). « Avec les grands buildings de Pékin, on ne dirait pas que c’est le Nouvel an chinois », regrette-t-il. « Chez moi, mon père calligraphiait pour les gens de notre village les sentences parallèles que l’on accroche de part et d’autre de l’entrée. Et nous avons beaucoup plus de lanternes rouges accrochées aux maisons », explique celui qui a décidé de passer pour la première fois le chunjie à Pékin.

Un choix mûrement réfléchi. « Le chunjie, c’est juste l’occasion de boire tous les jours avec mes amis. C’est sans intérêt », estime-t-il. Une fois adulte, la Fête du Printemps paraît donc perdre de son charme d’antan. « Quand j’étais petit, je recevais des étrennes dans des enveloppes rouges (hong bao) de mes parents, grands-parents ou autres au petit matin », se souvient-il. « Maintenant, c’est moi qui devrais en donner à mon tour à des enfants, mais je n’en ai pas », ajoute-t-il.

 

Connaître sa culture

Année du ratIl n’y a pas encore si longtemps Flora Li tenait le même discours : « Avant, la Fête du Printemps était l’occasion de porter de jolis vêtements neufs, de bien manger et de prendre des nouvelles de toute la famille ». Avec l’âge, si cette Pékinoise de 25 ans affirme que le chunjie a toujours « fait partie de sa vie », elle reconnaît qu’il a perdu son « côté chaleureux ». Notamment en raison du développement économique de la Chine. « Une fois adulte, on n’a pas plus besoin d’une occasion spéciale pour bien manger ou bien s’habiller, on peut le faire nous-mêmes tous les jours », assure-t-elle.

Mais pour Flora Li, un événement a changé la donne : son fils d’un an. « Mon fils est moitié chinois, moitié anglais. Le chunjie est d’autant plus important maintenant que j’ai un enfant. Je veux qu’il connaisse sa culture », insiste-t-elle tout en réfléchissant au programme des réjouissances. A commencer par le nettoyage de fond en comble de son appartement trois-pièces pour accueillir l’arrivée de la nouvelle saison.

Il faudra ensuite s’occuper de la décoration : des sentences parallèles calligraphiées, du papier finement découpé à l’effigie d’animaux symboliques, des lanternes, des nœuds en soie, le caractère « fu » qui désigne le bonheur accolé à l’envers sur les murs et les portes. Le tout avec une prédominance du rouge comme autant de joie apportée au domicile. Sans oublier le repas composé de poulet, de tofu, et de poisson, trois ingrédients qui sont homonymes en chinois de bon augure et d’excès d’argent et de grains. Et surtout les raviolis (jiaozi) faits maison, mangés à minuit pile devant les festivités diffusées sur la chaîne nationale.

Quasi silencieuse d’abord, la ville se réveille soudain dans un brouhaha de pétards et de feux d’artifice dont le bruit effraie, dit-on, les esprits. « Les pétards symbolisent le passage à la nouvelle année. Avant, c’était trop calme », sourit-elle, d’autant plus que l’interdiction de faire exploser des pétards a été interdite à Pékin pendant 12 ans. Jusqu’à la Fête des Lanternes et la dégustation de boules de riz glutineux sucré (tangtuan) qui annonceront la fin du chunjie, Flora Li compte bien montrer à son fils durant les deux semaines suivantes, les foires (miaohui), les danses de lions et toutes les activités liées à cette fête. Comme d’autres millions de familles chinoises.

Texte : Aurélie Palancher
Photos : Wang zhuo
Février 2008





   annee du rat2
   annee du rat3

   annee du rat4
   annee du rat

   decoration du noel precedent2
   decoration ostentatoire

   decorations du noel precedent
   faux petards

   fil de soie
   fillette et fortune

   fleurs artificielles de cerisier
   gratte ciel et lampions

   lampions
   lanterne en papier

   lanternes en plastique et caractere chinois du printemps
   lanternes et petards

   lanternes et tambours
   lanternes rouges

   le poisson est synonyme de bonheur
   raviolis2

   raviolis
   sentences paralleles

   supermarche decore
   une lanterne juste accrochee

   voeux suspendus a un faux cerisier
   voeux suspendus dans un arbre





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