A quelques centaines de mètres de Panjiayuan, au sud-est de Pékin, le marché Huasheng Tianqiao perpétue une culture et un folklore propres à la capitale. Découverte de ce lieu qui vit ici ses dernières heures de gloire.
Célèbre pour ses antiquités, Panjiayuan est sans conteste l’un des passages obligatoires à Pékin pour tout touriste qui se respecte. Mais non loin de là, un autre marché, souvent inconnu des guides touristiques, vaut aussi le détour. Le quartier Tianqiao (pont du ciel) était de la fin de la dynastie des Qing au début de la République de Chine en 1912 un des hauts lieux culturels de la capitale chinoise. Acrobates de rue, musiciens et lutteurs y rivalisaient de dextérité pour impressionner les passants alors que le marché Huasheng offrait le meilleur choix en termes de fleurs, d’animaux et d’insectes de compagnie.
Avec le développement de Pékin, le marché Huasheng a subi il y a deux ans le même sort que de nombreux vieux quartiers de la capitale : il a été tout simplement rasé. Wang Shusheng, célèbre peintre chinois, a alors décidé de ne pas laisser mourir ce dernier bastion d’une culture proprement pékinoise. A force de persévérance, il a finalement réussi à obtenir que soit reconstruit un marché dans le style d’antan où l’on puisse retrouver les produits et l’atmosphère de Tianqiao.
D’un point de vue esthétique, le nouveau lieu ne présente aucun intérêt et ressemble à une copie passable du style « lao Beijing » (« vieux Pékin » en chinois). Le tout est surplombé par un énorme échangeur routier en béton massif. Mais la beauté du marché repose essentiellement sur l’atmosphère qui s’y dégage et les étranges produits proposés. En fin de semaine, on y croise des familles pékinoises et de nombreux séniors qui font découvrir aux jeunes générations les plaisirs des temps anciens. Le calme des lieux est particulièrement appréciable. Car à Huasheng Tianqiao, on est bien loin de la frénésie consommatrice moderne. On prend le temps de choisir. Tout simplement.

Expositions :
06 septembre 09 septembre
